CAMBRIOLAGE SADIQUE
Catégories : sm| Date : 2008-06-08|Auteur : Alain H.

C'est un soir de canicule. Le ciel est chargĂ© de lourds nuages noirs, et il n'y a pas un seul oiseau qui vocalise. Je dĂ©cide donc de fermer toutes les fenĂȘtres devant l'imminence Ă©loquente de l'orage. Je retire mes vĂȘtements humides du sĂ©choir Ă  linge extĂ©rieur alors que le vent se met Ă  souffler avec une force incroyable, faisant s'envoler quelques-uns de mes caleçons. Je souris lorsque je les vois atterrir dans la cour du voisin, sur leur barbecue, dans leur piscine et mĂȘme sur leur toit. Je me fais aussitĂŽt Ă  l'idĂ©e que je dois entreprendre une chasse aux caleçons avant que les voisins et mon mec ne reviennent. En effet, mon copain devrait arriver d'une minute Ă  l'autre d'un voyage d'affaires et je veux absolument lui prĂ©parer une petit plat rĂ©confortant de mon cru... De plus, mes voisins ne tarderont pas non plus Ă  arriver. Je dois m'acquitter de cette tĂąche dans les plus brefs dĂ©lais, au risque qu'ils me dĂ©couvrent sur leur toit et qu'ils me prennent pour un voleur voulant entrer par la cheminĂ©e. Cette fois je ris carrĂ©ment Ă  cette idĂ©e. Quelle journĂ©e quand mĂȘme ! Je me retrouve donc sur une Ă©chelle que j'ai disposĂ©e contre le mur de la maison des voisins. En un rien de temps, j'ai retrouvĂ© tous mes caleçons Ă  l'exception d'un seul qui flotte encore dans l'eau de la piscine. J'effectue alors un plongeon du tremplin et je me dĂ©pĂȘche Ă  sortir. J'entends l'orage gronder au loin et de fines gouttes de pluie me tombent dĂ©jĂ  sur le visage. Lorsque je parviens Ă  l'arriĂšre de ma maison, je remarque que la porte donnant sur le cĂŽtĂ© latĂ©ral est ouverte. Il me semble pourtant avoir fermĂ© portes et fenĂȘtres avant que les pĂ©ripĂ©ties de mes caleçons me forcent Ă  m'Ă©loigner. Je ferme la porte vitrĂ©e en me disant que mon mec doit ĂȘtre rentrĂ© de voyage pendant que j'effectuais ma mission spĂ©ciale. Je prends donc tout mon temps pour terminer de dĂ©crocher mes vĂȘtements du sĂ©choir Ă  linge mais lorsque je rentre Ă  l'intĂ©rieur, je remarque des traces de terre sur le plancher menant vers la porte. Je trouve tout cela suspect car personne n'est encore jamais passĂ© par lĂ  pour entrer, sauf pour les grosses courses. Il n'est quand mĂȘme pas allĂ© au marchĂ© en revenant de l'aĂ©roport. Ça ne tient pas ! Je fige aussitĂŽt, j'ai l'impression que mon cœur va s'arrĂȘter. Puis tout Ă  coup, j'entends des bruits inquiĂ©tants Ă  l'Ă©tage, des pas, des meubles dĂ©placĂ©s et dieu seul sait quoi encore ! Je prends tout mon courage et j'entreprends la montĂ©e des escaliers. Mes pas sont hĂ©sitants et j'Ă©tire le cou pour anticiper une attaque potentielle. Lorsque j'arrive enfin Ă  ma chambre, je pousse la porte discrĂštement et je me contente de passer la tĂȘte dans l'embrasure. Je n'ai mĂȘme pas le temps de constater que la piĂšce est vide qu'une main me bĂąillonne par derriĂšre et me pousse vers le lit. Je me dĂ©bats comme un diable qui se prend tout un bain d'eau bĂ©nite, mais rien n'y fait. Je me retrouve Ă©tendu sur le lit, le genou du malfaiteur dans mon dos, des cordes s'enroulant autour de mes poignets. J'entends le malfrat fouiller dans mes trucs et dĂ©placer des meubles. Je suis si confus quant Ă  ses intentions que je commence Ă  sangloter doucement. Mais je me ravise en moins de temps qu'il n'en faut pour qu'une larme apparaisse ; le bandit m'a assenĂ© une gifle en plein visage tout en me menaçant d'un regard meurtrier. Maintenant, j'ose Ă  peine respirer tant je suis terrifiĂ©. Lorsque le mec change mon corps de position pour que je puisse contempler son oeuvre, j'en reste bouche bĂ©e. Il a utilisĂ© deux de mes commodes comme piliers pour une chaise effroyablement gĂ©niale. Le siphonnĂ© a installĂ© un Ă©norme gode sur un fauteuil trĂŽnant au milieu de chaĂźnes et de menottes qui sont raccordĂ©es aux meubles. On dirait une machine de torture diabolique ! Cette prise de conscience fait dĂ©filer dans mon esprit tourmentĂ©e une quantitĂ© terrifiante de possibilitĂ©s en ce qui concerne mon destin immĂ©diat... Maintenant, je peux me douter de ce qui va m'arriver. Pris d'une sĂ©rieuse et intense panique alors que je vois mon bourreau sourire Ă  travers son masque de cuir, je tente de me dĂ©faire de mes cordes. Une lueur passe dans ses yeux et du coup, ce regard noisette me semble de plus en plus familier. Sans pour autant me dĂ©faire de ...

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